Nouveau statut pour les Travel Planners, une fausse bonne idée ? par JL Dufrenne


Les Travel Planners ont, depuis quelques années, investi l’univers de la vente de voyages. Il est évident que la communication de ces derniers, essentiellement présents sur les réseaux sociaux, peut leur donner une forte visibilité mais qu’il convient nécessairement de la corréler avec le chiffre d’affaires généré par cette activité dans leur globalité.

Cette évaluation de volumétrie permettrait de mieux appréhender la pertinence de la création d’un statut particulier pour les Travel Planners ; c’est essentiellement l’objet du présent article.

Avant toute chose, je lis, parfois avec intérêt, mais souvent avec énervement des analyses plus que discutables sur ce qui pourrait différencier un Travel Planner d’un agent de voyages, Je n’en vois guère !

Un Travel Planner conseille et assiste le client dans l’élaboration de son voyage. C’est exactement ce que fait l’agent de voyages.

L’ idée selon laquelle le voyage concocté par un agent de voyages couterait plus cher que par le biais d’un Travel Planner est immédiatement à balayer d’un revers de main.

J’ose espérer que le Travel Planner, comme l’agent de voyages, tient compte immédiatement dans les pré requis du voyage du budget du client. De ce fait, l’un comme l’autre s’efforcent de répondre aux attentes de leurs clients dont celle de la contrainte budgétaire.

Laisser entendre, par ailleurs, que les couts des intermédiaires en agences de voyages viendraient gonfler le prix final du voyage est une autre ineptie.

En fonction des envies ET du budget du client l’agent de voyages va soit faire appel à un producteur spécialiste de la destination et dont les programmes peuvent s’avérer très compétitifs ou créer un produit à la carte de A à Z.

L’originalité du programme, les visites hors des sentiers battus, les découvertes hors des circuits touristiques classiques, la proximité avec les habitants ou/et le retour à la nature ne sont pas l’apanage d’un seul type de vendeur.

Ces critères sont de plus en plus demandés et chaque professionnel peut y répondre avec beaucoup de pertinence.

En résumé, l’agent de voyages fait exactement le même métier que le Travel Planner à la différence près que ce dernier ne procède pas aux réservations.

Il n’y a donc pas lieu de mettre en concurrence l’un par rapport à l’autre. Dans la vente de voyages comme dans tout commerce, le facteur déterminant est de trouver le client puis de le fidéliser.

Si l’on s’entend donc sur ce point, il faudrait donc en déduire que l’agent de voyages comme le Travel Planner doivent tous deux disposer d’une immatriculation au registre des opérateurs de voyages. Car, quand bien même le Travel Planner ne « vend pas », il offre à la vente des forfaits touristiques ou des services de voyage (selon l’art L 211- 1 du nouveau code du tourisme).

Nous sommes donc ici bien positionnés sur le même métier et , d’un point de vue juridique, il n’y a aucune pertinence à aller créer un nouveau statut pour deux métiers semblables.

Toutefois, cela ne signifie pas que le Travel planner doit être soumis aux mêmes contraintes de garantie financière s’il souhaite conserver exclusivement son rôle de conseil.

En effet, le montant de la garantie financière est déterminé par le volume d’affaires facturé au client et vise donc à protéger ce dernier en cas de défaillance financière du vendeur.

Si le montant de la garantie financière d’un Travel Planner se calculait sur la totalité des honoraires annuels perçus, il y a fort à parier que celui-ci pourrait représenter un montant acceptable par nombre de Travel Planners.

Comme je l’écrivais en préambule, il faudrait parvenir à estimer, sur le territoire national, la volumétrie des Travel planners et en déduire de la pertinence d’une garantie financière adaptée.

Une demande structurée de la part d’un collectif représentatif des Travel planners français pourrait inciter les garants à se pencher sur le sujet.

Subsiste enfin une piste de collaboration gagnant/gagnant dans un tandem vertueux Travel planner/agent de voyages.

En se rappelant le principe fondamental que le plus complexe est de capter et fidéliser le client, le Travel planner, sous couvert à 100 % d’une agence de voyages avec laquelle il entretient de bonnes relations, pourrait proposer à son client une prestation : du conseil à la vente ce qui rendrait le process probablement plus limpide pour le voyageur.

Dans ce cas, le Travel planner facturerait à l’agence de voyages ses honoraires de conseil et l’agent de voyages fournirait au même client une prestation « tout inclus » en parfaite conformité avec la législation en vigueur.

A trouver, dans ce schéma, la bonne clé de répartition de rémunération entre le travel planner et l’agent de voyages.
Ensemble, nous sommes plus forts !
Très bonnes ventes à tous

Jean Luc Dufrenne





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