Tourisme & transport aérien : de l’argent à pleine valises


Il y a seulement quelques années, le transport des valises en cabine d’avion était gratuit. C’était une réglementation. Puis, le monde du transport aérien a évolué. Souvent en mal pour les passager. Sous l’impulsion des compagnies low-cost toujours à l’affut de revenus complémentaires et de leurres pour compenser la supposée bassesse de leurs tarifs, les bagages en cabine sont devenus payants.

Aujourd’hui, la crise économique post covid aidant, les tarifs low-cost ne sont plus aussi bas qu’auparavant. Il s’avère même que la tarification des bagages en cabine représente un eldorado lucratif qui est loin d’être négligeable pour les transporteurs.

Un vrai filon que les compagnies régulières creusent désormais de plus en plus. Au point de devenir le N°1 du hit-parade des tarifications aériennes supplémentaires.
Le 27 décembre dernier, France 2 prenait pour exemple le cas d’une équipe de France Télévisions qui se rendait à Barcelone en voyageant à bord d’une compagnie aérienne à bas coût que nous ne citerons pas.

Le prix payé pour un bagage en cabine était de 48 euros. Tarification qui incluait le coût du trajet en avion assorti d’une « pénalité » pour ne pas avoir acheté le supplément au moment de la réservation du billet d’avion.

De ce fait, le coût total du transport passait de 60 à 108 euros. Soit une augmentation de 80 %. Malheur aux étourdis ou aux imprévoyants.

Généralisons l’exemple ci-dessus pour le rendre encore plus explicite. Le bagage cabine réservé en même temps que le titre de transport coûte 7,99€. Soit pour un remplissage moyen de l’appareil de100 personnes un revenu supplémentaire pour la compagnie de 800€ par trajet.

En général, un avion moyen-courrier effectue 5 rotations par jour. Donc 4 000€ par jour. A l’échelle d’une compagnie aérienne, cela représente une recette annuelle estimée à environ 600 millions d’euros. Le diable est vraiment dans les détails.

Selon le site américain Idea Works/CarTrawler, cette manne est d’environ 20 milliards d’euros de recettes complémentaires par an pour le marché mondial du transport aérien.

Les revenus engendrés en 2021 par cette manne. Représentent le prix catalogue de 240 Airbus A.320 neufs. Mais, comme tout est biaisé, selon le cabinet Flight Ascend Consultancy.

Dans la réalité du marché, les prix catalogue des avions sont divisés par deux. Donc, cela représente un peu moins le coût de 500 appareils neufs. Soit 57 % de la plus grande flotte aérienne commerciale du monde, celle d’American Airlines.

Des chiffres qui n’ont d’autre prétention que de prouver que « les petits ruisseaux font des grandes rivières. »

Les transporteurs aériens savent négocier efficacement. Une possibilité que n’ont pas les voyageurs. Le vieux principe du « cochon de payant » a encore des beaux jours devant lui.

François Teyssier





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