Nouvelle Guerre du golfe, les gagnants et les perdants
19 mars 2026 Jean-Louis Baroux Aucun commentaire À la une Emirats arabes unis, Ethiopian airlines, Turkish Airlines 2681 vues
Les premiers perdants sont évidemment les populations des pays concernés, victimes innocentes de bombardements. On ne peut pas oublier que ce conflit a déjà fait plus de 2.000 morts répartis dans tous les camps. Pris au piège, les habitants n’ont d’autre ressource que de fuir ou faire le dos rond en espérant la fin de leur cauchemar.
Le transport aérien et son corollaire le tourisme sont également deux des secteurs d’activité les plus touchés, mais il y des nuances et parmi les protagonistes il y a aussi des gagnants.
Les perdants
Ce sont d’abord les transporteurs du Golfe qui sont attaqués dans le cœur de leur activité.
Les deux grands opérateurs que sont Emirates et Qatar Airways ont été presque totalement mis à l’arrêt non seulement parce l’espace aérien public n’est pratiquement plus utilisable, mais également parce que leurs aéroports qui faisaient leur fierté et leur prospérité ont été pris pour cibles.
Ce n’est pas une surprise, la concentration de l’activité sur ces deux très gros « hubs » devait inévitablement attirer les missiles iraniens, bien que les Emirats soient neutres dans cette affaire.
Mais l’impact médiatique et les dégâts collatéraux avec en particulier l’impossibilité de rapatrier les nombreux visiteurs étrangers est tel qu’ils étaient la cible toute désignée.
Les compagnies européennes sont également impactées.
Ne pouvant plus traverser l’espace aérien du Golfe alors que c’était la seule voie de transit utilisable par les transporteurs occidentaux pour se rendre en l’Asie, suite à l’interdiction du survol de la Russie, consécutive au conflit entre ce pays et l’Ukraine, ils sont dans l’obligation de faire le tour de la péninsule arabique ce qui rallonge encore le temps de vol d’au moins deux heures supplémentaires.
Rappelons que l’heure de vol d’un long-courrier coûte aux alentours de 30.000 dollars.
Les hôteliers sont également dans la même situation.
Les Emirats ont fait pendant des années une puissante communication sur leur qualité de vie, la sécurité assurée aux populations, les salaires attractifs et la perfection de leurs installations.
Et cela a payé à tel point que ces pays sont devenus une destination phare surtout pendant la saison hivernale.
Les grandes chaines hôtelières se sont donc installées en force, et maintenant leurs clients sont coincés sur place sans forcément disposer des ressources financières pour payer les établissements de luxe.
La reprise sera sans doute très longue car le mythe de la qualité de vie assurée devra être reconstruit.
Dans la liste des perdants, il faut également mentionner les agents de voyages qui sont impuissants à aider leurs clients alors qu’ils en ont la responsabilité.
Il se trouvera certainement des mécontents pour les attaquer en justice alors qu’ils n’y sont pour rien.
Les assureurs ont sans doute des clauses d’exclusion de leur responsabilité en cas de guerre et c’est bien compréhensible, mais il serait très étonnant qu’ils puissent passer entre les gouttes.
Et je pourrais ajouter les sociétés de leasing des appareils dont plus de la moitié sont exploités sous cette forme alors que, même s’ils ne sont pas payés par des opérateurs rendus à l’incapacité de le faire, il leur est très difficile de replacer ces avions ailleurs.
Il y aussi des gagnants, bien entendu. Je mets de côté les fabricants d’armement et les grands équipementiers qui constituent un sujet particulier.
Dans le domaine des compagnies aériennes, deux tirent leur épingle du jeu : Turkish Airlines et Ethiopian Airlines.
Toutes deux ont organisé leur exploitation en forme de « hub » et ces derniers continuent à fonctionner à plein.
Il est simplement regrettable qu’ils profitent un peu trop de la situation pour faire flamber leurs tarifs à des niveaux difficilement justifiables.
Il n’est pas certain que leurs clients ne s’en rappellent pas lorsque la situation sera redevenue normale.
Les transporteurs chinois sont probablement ceux qui profitent le plus de ce conflit.
Les deux grands « hubs » du Golfe sont à l’arrêt et les concurrents occidentaux sont encore plus pénalisés.
Voilà une bonne aubaine, dont on voit mal pourquoi ils n’en profiteraient pas.
Et puis il reste des destinations dont certaines étaient en perte de vitesse car trop souvent utilisées par le passé.
Je pense en particulier aux îles de l’Océan Indien comme, par exemple les Seychelles ou l’île Maurice.
Elles vont certainement bénéficier d’un afflux de clientèle car un conflit encore localisé, ne freinera pas les désirs d’évasion et de vacances des populations européennes et américaines.
Jean-Louis Baroux
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