L’ampleur de la prolifération des sargasses en ce début d’année 2026 atteint des sommets historiques, transformant les rivages idylliques du Yucatán mexicain et des Antilles françaises en zones de crise écologique et économique sans précédent.
Bien que ces algues brunes fassent partie de l’écosystème marin, leur accumulation massive depuis 2011 — et leur explosion actuelle hors de contrôle en Guadeloupe, en Martinique et sur la Riviera Maya — provoque une détresse profonde chez les populations locales dépendantes du tourisme, qui voient leurs plages défigurées par une nappe brunâtre souvent confondue par les voyageurs avec des marées noires.
Cette catastrophe environnementale se double d’un péril sanitaire dû à l’odeur de soufre insupportable dégagée par la décomposition des algues, rendant la baignade impossible et provoquant une chute brutale des taux d’occupation hôteliers ainsi qu’une dépréciation rapide de l’immobilier côtier.
Face à ce fléau, les grandes chaînes hôtelières internationales sont en première ligne et tentent désespérément de protéger leurs infrastructures : au Mexique, les géants du « All-Inclusive » tels que AMResorts (Dreams, Secrets), Hyatt (Ziva & Zilara), Barceló, Riu et Palladium Hotel Group investissent massivement dans des barrières dérivantes et des systèmes de ramassage coûteux pour préserver l’accès à la mer.
Dans les Antilles françaises, ce sont principalement le Club Med (Sainte-Anne), le groupe Karibea et les établissements du groupement Des Hôtels et Des Îles qui subissent de plein fouet ces arrivages massifs, contraignant les opérateurs à réinventer l’expérience client loin des rivages ou à déployer des solutions de nettoyage robotisées.
Cette crise systémique oblige désormais l’industrie hôtelière à intégrer la « gestion des sargasses » comme un poste de dépense permanent, tout en cherchant, avec l’aide des autorités, des débouchés industriels pour transformer cette biomasse encombrante en engrais ou en matériaux de construction, seule issue pour sauver une saison 2026 déjà lourdement hypothéquée par l’ombre brune de ces envahisseuses océaniques.