Comment la course à pied dope l’économie du tourisme


Les chiffres ont de quoi donner le vertige : durant les deux premiers mois de 2026 pas moins de 700 courses urbaines et 48 marathons ont été organisés dans le monde. Running ou Marathons n’ont jamais eu autant la cote au point que « l’économie de la course à pied » dépasse, et de très loin le simple cadre sportif. C’est désormais un puissant levier pour doper le tourisme et développer l’attractivité.

Si l’on observe la récente étude réalisée par le cabinet Brand Finance sur les 50 plus grands marathons du monde on constate, par exemple,
que le Marathon de Paris rapporte chaque année autour de 230 millions d’euros à l ‘économie locale (hébergement, restauration, transports, achats…) car plus de 30% des participants viennent de l’étranger, souvent en couple ou en famille, et profitent de cette occasion sportive pour passer 3 à 4 nuits dans la capitale.

Une compétition donc particulièrement rentable si l’on considère que le cout de l’organisation de la compétition est estimé à 4 millions d’euros.

Dans une moindre mesure selon le quotidien Nice Matin le dernier marathon Cannes – Nice aurait lui rapporté un peu plus de 14 millions
d’euros à l’économie touristique locale.

Mais il n’y a pas que les marathons qui ont la cote. A Paris, selon la Mairie de la capitale on ne compte pas moins d’une cinquantaine
d’événements de course à pied dans l’année comme Paris Versailles, les 10km des champs elysées, l’Adidas 10km de Paris, des compétitions populaires et festives qui regroupent à chaque fois entre 25 000 et 35 000 participants et ou l’on retrouve souvent à la manœuvre Amaury Sports Organisation qui est l’un des plus gros organisateurs d’événements sportifs au monde.

Pourquoi la planète se met à la course à pied ?

Le phénomène est finalement assez récent.

Au cours des vingt dernières années la course à pied est passée du statut de simple activité physique individuelle à celui de phénomène social et économique mondial.

Le succès du running et du marathon repose sur plusieurs facteurs : accessibilité financière car s’équiper pour courir ne coute pas très cher,
flexibilité de la pratique : on peut courir quand on veut y compris à la nuit tombée avec une lampe frontale, valorisation sociale de la santé et du bien être sans oublier bien entendu la recherche de la performance personnelle que l’on peut ensuite afficher et partager sur les réseaux sociaux.

Pour les villes ou les pays qui organisent ces épreuves plus ou moins populaires c’est aussi une bonne occasion de renforcer l’attractivité
touristique d’une destination d’autant de bien souvent les courses font l’objet d’une large couverture médiatique et cela s’est bon pour attirer les futurs visiteurs sportifs qui, pour ce qui est de Paris, participent à l’épreuve ou plus tard viendront fouler le bitume de la capitale et
emprunter l’itineraire du célèbre marathon.

D’ailleurs aujourd’hui la pratique du sport et notamment de la course à pied durant un voyage ou des vacances n‘est plus anecdotique ainsi, explique Clément Eurly directeur France et Benelux d’Airbnb, 70% des clients de la plateforme de location entre particuliers s’informeraient auprès des loueurs des possibilités de pratiquer une activité sportive près de leur lieu de séjour et notamment la course à pied.

Des demandes qui toujours selon Airbnb auraient contribué à booster l’économie touristique, et en tout cas les réservations faites sur la plate-forme pour la Meuse et plus largement pour les territoires ruraux se trouvant dans ce que l’on appelle « la diagonale du vide ».

Et cela ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin car les observateurs de l’économie du tourisme et de l’économie du sport reconnaissent que la mode du running et des marathons ne relève plus d’un simple engouement passager.

C’est bel et bien un secteur économique à part entière et structuré à l’intersection du sport, de l’industrie du tourisme, et du développement des territoires qui est capable de générer des dizaines de millions d’euros de retombées et de renforcer durablement l’image des villes et parfois des pays.

Mieux encore le phénomène donne des idées à certains professionnels du tourisme comme TUI qui proposait il y a peu encore des séjours pour participer aux marathons de Rhodes, Chypre et Majorque.

D’ailleurs pour cette dernière destination TUI était sponsor de l’épreuve.

Démonstration que cette forme de tourisme n’est pas réservée à une élite mais peut très bien toucher une cible plus large et populaire.

Philippe Lefebvre





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