Changements en série à la tête des compagnies


Ça bouge dans le transport aérien dans la zone des « hubs » internationaux qui va de la Turquie à l’Inde. De nombreux changements se sont déroulés directement à la tête de de certaines compagnies aériennes et non des moindres.

Cela a commencé en décembre 2025 par le remplacement surprise du Président de Qatar Airways le fameux Al Baker par le patron de l’aéroport de Doha Hamad Ali Al-Khaler.

On ne sait pas quelles raisons ont poussé à la démission forcée celui qui avait fait de Qatar Airways un acteur majeur non seulement dans sa zone, mais bien dans le monde entier.

Le personnage était flamboyant et il avait amené la compagnie dans son sillage de sorte qu’elle avait enregistré les premières places plusieurs années de suite dans le classement des compagnies aériennes.

Le nouvel homme fort fait moins parler de lui et le transporteur qatari a sans doute besoin de beaucoup de calme pour traverser la période si difficile qu’il doit affronter.

La séquence des remplacements s’est poursuivie par l’annonce du départ forcé, celui-là, du CEO d’Indigo le grand transporteur domestique indien.

Ce dernier opère 400 appareils et il avait passé récemment une méga commande de près de 500 avions supplémentaires, démontrant ainsi sa volonté d’expansion internationale.

Mais Pieter Elbers anciennement président de KLM, puisqu’il s’agit de lui, ne pourra pas mener ses objectifs à terme.

Il paie sans doute un sérieux problème d’organisation dans la planification des équipages qui a entrainé l’annulation de 4.000 vols pendant le seul mois de décembre. Cela a valu à Indigo une amende de 2,45 millions de dollars infligée par le gouvernement indien.

Il va être remplacé le 3 août prochain par Wille Walsh l’actuel Directeur général de IATA dont le mandat devrait s’arrêter lors de la prochaine assemblée générale en juin prochain.

On ne connaît d’ailleurs pas pour le moment qui sera pressenti pour le remplacer à la tête de l’organisation qu’il dirige. Et si c’était Pieter Elbers ?

Toujours en Inde et cette fois-ci chez Air India, le transporteur national, on a appris très récemment la démission de son Directeur général Campbell Wilson.

Là encore cela ressemble à une sanction car l’homme est encore jeune : 52 ans, et il a une brillante carrière chez Singapore Airlines où il a été le créateur de sa filiale « low cost » Scoot.

Cette démission intervient au moment où Air India dispose de moyens considérables avec la commande de 540 appareils, 450 court-courriers moitié chez Airbus et moitié chez Boeing et de 90 long-courriers également répartis entre les deux constructeurs.

Campbell Wilson paie probablement le crash de l’AI 171 à Ahmedabad causé par le comportement suicidaire de son commandant de bord.

Pas simple de diriger une compagnie aérienne dans ce grand pays dont la culture est si spécifique et peut-être peu compatible avec les modes occidentaux.

Air India cherche un successeur à Campbell Wilson, le poste est suffisamment attractif pour quelqu’un d’ambitieux, mais la durée est parfois limitée.

Tout autre raison semble avoir guidé le renouvellement des deux dirigeants de Turkish Airlines : le président Ahmet Bolat et le directeur général Bital Eksi qui ont poursuivi la croissance de leur compagnie pour en faire un des tous grands opérateurs mondiaux.

Ils sont remplacés par un recrutement interne.

Ahmet Olmustu l’actuel directeur commercial prendra la présidence alors que Murat Seker le directeur financier deviendra le nouveau directeur général.

Cela ressemble à un rajeunissement géré avec une passation de pouvoirs dans la douceur.

Le changement de direction a été pris lors de l’assemblée générale du 069 avril dernier et tout parait se passer en bonne entente.

Nul doute que la nouvelle direction poursuivra la politique de croissance et même dirais-je de domination initiée pat Temel Kotil son dirigeant de 2005 à 2014.

Un changement de direction est souvent synonyme de bouleversements dans la vie d’une compagnie aérienne et cela présage de potentielles difficultés.

Les modifications à répétition chez certaines grandes compagnies, comme par exemple Air France, ont eu pour conséquences un flottement dans la stratégie qui s’est traduit par des pertes économies sérieuses, jusqu’à l’arrivée d’une direction stable.

Le sujet doit maintenant se présenter chez Emirates.

La remarquable continuité dans son management depuis son origine : 2 seuls directeurs généraux depuis la création en 1987, va devoir prendre fin car l’âge finit toujours par conduire à une succession.

On peut imaginer que le duo composé par le Cheik Al Maktoum et Sir Tim Clark a préparé la suite.

C’était prévu, mais Sir Tim a été obligé de rempiler suite à la si difficile période du Covid.

Les grands personnages ne sont pas éternels, et c’est bien dommage.

Jean-Louis Baroux





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